Cheville
La cheville est une articulation clé du membre inférieur, sollicitée à chaque pas et indispensable à la mobilité du corps. Elle assure la transmission des appuis entre la jambe et le pied, tout en permettant stabilité et souplesse dans les déplacements.
Fragile en raison des contraintes mécaniques importantes qu’elle supporte, la cheville est sujette à de nombreuses pathologies traumatiques (entorses, ruptures) ou dégénératives (tendinopathies, arthrose).
Les pathologies de la cheville
La cheville, très sollicitée, peut être sujette à douleurs ou instabilité. Certaines pathologies nécessitent une prise en charge ciblée.
Anatomie de la cheville
La cheville est formée par l’articulation entre trois os : le tibia, la fibula (ou péroné) et le talus. Elle fonctionne grâce à un ensemble de ligaments (ligament latéral externe, ligament latéral interne) qui stabilisent l’articulation, et de tendons, dont le plus puissant est le tendon d’Achille, reliant le mollet à l’os du talon, le calcanéum.
Cette structure complexe permet des mouvements d’extension et de flexion du pied, mais aussi une certaine rotation, rendant la cheville essentielle pour la marche, la course et l’équilibre.
Les surfaces articulaires sont recouvertes de cartilage, garantissant un glissement fluide entre les os et amortissant les contraintes mécaniques. Les ligaments latéraux internes et externes assurent la stabilité, tandis que de nombreux tendons (péroniers, tibial postérieur, fléchisseurs) participent à l’équilibre et au mouvement. C’est cette organisation fine qui explique pourquoi une entorse ou une lésion peut rapidement perturber l’ensemble du fonctionnement de l’articulation.
Les différentes pathologies de la cheville
La cheville peut être touchée par différentes affections, qu’elles soient liées à un traumatisme aigu, à une fragilisation progressive ou à une sollicitation excessive. Voici les principales pathologies rencontrées :
Instabilité de la cheville
L’instabilité chronique de la cheville survient le plus souvent après des entorses mal soignées. Elle se traduit par une sensation de cheville “qui lâche”, une fragilité persistante et des entorses à répétition. Le diagnostic repose sur l’examen clinique et l’imagerie, et le traitement associe rééducation spécifique, voire chirurgie de réparation ligamentaire si nécessaire.
Si elle n’est pas prise en charge, l’instabilité chronique peut entraîner une usure prématurée du cartilage et favoriser l’apparition d’une arthrose de la cheville. Chez les sportifs, elle limite la performance et accroît le risque de blessures répétées. La chirurgie permet généralement de restaurer une bonne stabilité et de retrouver une pratique sportive sécurisée.
Tendinopathie du tendon d’Achille
La tendinopathie du tendon d’Achille est une inflammation ou une dégénérescence du tendon qui relie le mollet au talon. Elle provoque des douleurs progressives, souvent accentuées par l’activité physique, et peut gêner durablement la marche ou le sport. Le traitement repose sur le repos, les soins de rééducation et parfois des gestes médicaux ou chirurgicaux.
Elle concerne aussi bien les sportifs amateurs que les personnes moins actives, souvent après 40 ans, en raison d’une perte de souplesse du tendon. Une prise en charge adaptée (étirements, semelles orthopédiques, ondes de choc, infiltration ou chirurgie dans les cas sévères) assure le plus souvent une guérison efficace. Sans traitement, le risque est l’évolution vers une rupture du tendon d’Achille.
Rupture du tendon d’Achille
La rupture du tendon d’Achille est une lésion brutale, souvent décrite comme un claquement à l’arrière de la cheville. Elle se produit souvent lors d’un effort intense et entraîne une incapacité immédiate à marcher normalement ou à se mettre sur la pointe du pied. La prise en charge est chirurgicale dans la majorité des cas, suivie d’une longue phase de rééducation pour retrouver la mobilité.
Après l’intervention, la cheville doit être immobilisée pendant plusieurs semaines avant une reprise progressive de l’appui. La rééducation est essentielle pour retrouver force et souplesse, et la reprise du sport intervient habituellement entre le 3ᵉ et le 6ᵉ mois.