Pathologies

5 minutes de lecture
Publié le 11 septembre 2026

Névrome de Morton : symptômes et traitements efficaces

Le névrome de Morton est une cause fréquente de douleur de l’avant-pied. Il provoque généralement des brûlures ou des décharges électriques irradiant vers les orteils, particulièrement lors de la marche ou avec des chaussures serrées. Bien que cette affection soit bénigne, elle peut devenir très gênante au quotidien. Plusieurs traitements permettent de la soulager, depuis l’adaptation du chaussage et les semelles orthopédiques jusqu’à la chirurgie dans les formes résistantes.

Névrome de Morton : symptômes et traitements efficaces | Dr Lévêque | Paris 12 et Paris 9

Qu’est-ce que le névrome de Morton ?

Le névrome de Morton, correspond à une irritation et à un épaississement d’un nerf sensitif situé entre les os métatarsiens de l’avant-pied. 

Cette atteinte concerne le plus souvent le nerf situé entre le troisième et le quatrième orteil. Elle peut plus rarement se développer entre le deuxième et le troisième orteil. La compression répétée du nerf entraîne progressivement une inflammation et une fibrose des tissus qui l’entourent. 

Le diagnostic est souvent clinique. Lors de l’examen, la compression de l’avant-pied ou la palpation de l’espace entre les métatarsiens peut reproduire la douleur habituelle du patient, parfois accompagnée d’un ressaut caractéristique. 

Quels sont les symptômes du névrome de Morton ?

Les symptômes du névrome de Morton sont dominés par une douleur de l’avant-pied, généralement localisée entre les têtes métatarsiennes. Cette douleur peut prendre la forme d’une brûlure, d’une décharge électrique ou d’un élancement irradiant vers deux orteils voisins. 

Certains patients décrivent l’impression de marcher sur un caillou, un pli de chaussette ou une petite boule. Des fourmillements, un engourdissement ou une diminution de la sensibilité des orteils peuvent également apparaître. 

La douleur est souvent aggravée par la marche prolongée, la course, les chaussures étroites ou les talons hauts. Elle peut au contraire diminuer rapidement lorsque le patient retire sa chaussure, masse son pied ou interrompt son activité. Il n’existe généralement ni masse visible ni modification de la peau. 

Quand consulter un spécialiste ?

Une consultation est recommandée lorsque la douleur persiste malgré le port de chaussures plus larges, lorsqu’elle limite la marche ou le sport, ou lorsque des décharges et des engourdissements deviennent réguliers. 

Le spécialiste recherche également d’autres causes de douleur de l’avant-pied, comme une métatarsalgie mécanique, une fracture de fatigue, une atteinte articulaire ou une inflammation d’une bourse intermétatarsienne. 

Une échographie peut confirmer l’épaississement du nerf et guider une éventuelle infiltration. Une IRM est parfois demandée lorsque les symptômes ou l’examen sont atypiques, ou lorsqu’un autre diagnostic doit être éliminé. 

Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?

La cause exacte du syndrome de Morton n’est pas toujours identifiable. Une compression répétée du nerf entre les métatarsiens semble néanmoins jouer un rôle essentiel. 

Les chaussures étroites compriment l’avant-pied, tandis que les talons hauts augmentent les pressions sous les têtes métatarsiennes. Certaines activités répétitives, comme la course ou les sports sollicitant fortement l’avant-pied, peuvent également favoriser l’apparition des symptômes. 

Une déformation du pied, notamment un hallux valgus, des orteils en griffe ou un avant-pied large, peut modifier la répartition des appuis. Une rétraction de la chaîne postérieure ou certaines particularités statiques du pied peuvent aussi augmenter les contraintes locales. 

Quels traitements pour soulager le névrome de Morton ?

Le traitement du névrome de Morton est progressif. Il dépend de l’intensité des douleurs, de leur ancienneté et de leur retentissement sur les activités quotidiennes ou sportives. 

Les traitements non chirurgicaux en première intention 

La première mesure consiste à porter des chaussures suffisamment larges au niveau des orteils, avec un talon modéré et une semelle offrant un bon amorti. Les chaussures serrées et les talons hauts doivent être limités. 

Des semelles orthopédiques peuvent être prescrites pour mieux répartir les pressions sous l’avant-pied. Un appui rétrocapital, placé en arrière des têtes métatarsiennes, contribue à écarter les métatarsiens et à diminuer la compression du nerf. 

Une adaptation temporaire des activités, des antalgiques et des exercices d’assouplissement peuvent compléter la prise en charge. En cas de douleurs persistantes, une infiltration de corticoïdes, idéalement guidée par échographie, peut réduire l’inflammation autour du nerf. Son efficacité peut toutefois être partielle ou temporaire. 

Quand envisager la chirurgie ? 

La chirurgie est envisagée lorsque les douleurs restent invalidantes malgré un traitement médical bien conduit. Elle peut consister à libérer le nerf (neurolyse) ou à le retirer (neurectomie). 

Le névrome de Morton est un syndrome canalaire, comme le nerf ulnaire au coude ou le nerf médian au poignet. Tous les syndromes canalaires sont aujourd’hui traités par une neurolyse, c’est-à-dire une libération du nerf et non une neurectomie. 

De ce point de vue, la neurolyse à plus de sens que la neurectomie. Aussi, la libération du nerf permet une approche mini invasive car elle ne nécessite pas de cicatrice. 

Le nerf étant coincé entre les têtes métatarsiennes la chirurgie consiste à réaliser des coupes osseuses, ou ostéotomie, pour libérer le nerf. C’est la neurolyse percutanée. 

FAQ

Les symptômes peuvent diminuer lorsque la compression du nerf est supprimée. Je conseille de modifier rapidement le chaussage et les appuis, car un névrome ancien et volumineux a moins de chances de devenir durablement indolore sans traitement.

Je recommande des chaussures souples, stables et suffisamment larges à l’avant. Les orteils ne doivent pas être comprimés. Il est également préférable d’éviter les talons hauts, qui reportent le poids du corps sur l’avant-pied.

Elles ne font pas disparaître anatomiquement le névrome, mais elles peuvent diminuer sa compression. Je les conseille surtout lorsqu’il existe une mauvaise répartition des appuis ou une déformation associée du pied.

Une gêne brève peut être ressentie lors de l’injection. Cette infiltration est réalisée sous guidage échographique afin de déposer précisément le produit autour du nerf et de limiter les gestes inutiles.

La marche est autorisée immédiatement après l’opération avec une chaussure adaptée pour 1 mois. Je module ensuite la reprise des chaussures habituelles, de la conduite et du sport en fonction de la cicatrisation et de l’évolution de la douleur. Habituellement, après une neurolyse percutanée, le pied peut rester gonflé entre 3 à 6 mois.